SM avec du sang (blood play) : VIH, hépatites et règles de sécurité
Définition : Dès qu'une pratique SM fait couler le sang (coupures, aiguilles, fouet qui entaille, piercing de jeu), le risque de transmission du VIH et surtout des hépatites B et C devient réel ; il se réduit avec du matériel stérile à usage unique, des gants et une bonne hygiène.
- Mots-clés
- blood play, jeu de sang, cutting, needle play, SM, hépatite C, sang
- Thèmes
- Santé Sexuelle & Prévention
- Mis à jour le

De quelles pratiques parle-t-on ?
Le blood play (jeu de sang) regroupe les pratiques SM où le sang apparaît, volontairement ou non :
- cutting (petites incisions au scalpel ou à la lame) ;
- needle play (aiguilles dans la peau, piercings de jeu) ;
- impact play qui finit par entailler la peau (fouet, canne) ;
- morsures, griffures profondes, rasoir ;
- et, sans le vouloir, les lésions lors d’un fist ou d’une pénétration très intense.
Quels sont les risques ?
Les infections transmises par le sang
Le CATIE est net : les activités qui cassent la peau augmentent le risque de transmission du VIH et de l’hépatite C. L’OMS rappelle que l’hépatite C est avant tout un virus du sang, et que l’hépatite B se transmet par le sang et les liquides en présence de plaies. Le VHC peut survivre plusieurs jours sur un objet : un outil partagé (lame, aiguille, fouet taché, gant) peut suffire.
Les infections de la peau
Une plaie mal désinfectée peut s’infecter (staphylocoque, streptocoque) : rougeur qui s’étend, chaleur, pus, fièvre = consulte.
Les accidents
Coupure trop profonde, vaisseau touché, malaise vagal à la vue du sang, surtout si l’un des deux est sous produits.
Comment réduire les risques ?
D’après le CATIE et Sexosafe :
- Matériel stérile et à usage unique : lames, aiguilles, scalpels neufs pour chaque personne, jetés ensuite dans un collecteur (boîte à aiguilles, disponible en pharmacie ou CAARUD).
- Gants pour celui qui manipule, changés entre chaque partenaire.
- Désinfecter la peau avant (alcool, chlorhexidine), et soigner les plaies après : nettoyage, pansement, surveillance.
- Ne pas mettre de sang dans la bouche, l’anus, le pénis ou une autre plaie (le sien ou celui du partenaire) : c’est le conseil central du CATIE.
- Un outil par personne : ce qui a fait saigner quelqu’un ne passe pas sur un autre. Les objets poreux (cuir, bois, corde) ne se désinfectent pas bien : garde-les pour une seule personne.
- Zones à éviter : visage, cou, poignets, pli du coude, aine, tout endroit où passent de gros vaisseaux ou nerfs.
- Sobriété : Sexosafe déconseille les produits pendant le sexe hard, parce qu’ils masquent la douleur, signal d’alerte.
Côté prévention sexuelle
- Vaccin contre l’hépatite B : indispensable si tu pratiques le blood play.
- Dépistage de l’hépatite C régulier (tous les 3 mois si pratiques à risque ou PrEP) : l’hépatite C se guérit aujourd’hui (hépatite C).
- PrEP ou partenaire indétectable pour le VIH. Après une exposition au sang d’un partenaire de statut inconnu : TPE dans les 48 heures.
Et le cadre ?
Le blood play relève de l’edgeplay : il demande expérience, négociation précise, safeword et aftercare. Voir aussi BDSM et sexe hard : la sécurité.
Article d'information, rédigé à partir de sources officielles. Il ne remplace pas l'avis d'un médecin : en cas de doute, de symptôme ou de prise de risque, consulte un professionnel de santé ou un CeGIDD.
Sources
Chiffres et recommandations vérifiés auprès de :
- CATIE — Autres activités et risques de contracter ou transmettre des ITS
- Santé publique France (Sexosafe) — Pratiquer le sexe hard en restant safe
- Organisation mondiale de la santé (OMS) — Hépatite C – aide-mémoire (mis à jour le 28 juillet 2026)
- Organisation mondiale de la santé (OMS) — Hépatite B – aide-mémoire (mis à jour le 28 juillet 2026)
- Hépatites Info Service — Le risque de transmission pendant les rapports sexuels