Santé sexuelle : VIH, IST, chemsex et pratiques
Des articles sourcés (Santé publique France, AIDES, OMS) pour se protéger, se faire dépister et se soigner, sans jugement. (54 articles)
Urgence
- Prise de risque VIH (capote qui craque, rapport sans protection) : le TPE se prend au mieux dans les 4 h, au plus tard 48 h → urgences ou CeGIDD.
- Malaise, perte de connaissance, surdose (GHB, mélanges) : appelle le 15 ou le 112, place la personne en position latérale de sécurité, ne la laisse jamais seule.
- Sida Info Service : 0 800 840 800 (gratuit, anonyme) · Drogues Info Service : 0 800 23 13 13 · AIDES chemsex (WhatsApp) : 07 62 93 22 29 · Aide aux victimes : 116 006.
Chiffres clés
5 100découvertes de séropositivité VIH en France en 2024, dont 42 % par rapports sexuels entre hommes
≈ 9 700personnes vivent avec le VIH en France sans le savoir (fin 2024)
+35 %de gonococcies (chaude-pisse) entre 2022 et 2024 en France
67 505personnes ont utilisé la PrEP au 1er semestre 2025
13 %des hommes ayant des rapports avec des hommes ont pratiqué le chemsex dans les 6 derniers mois (2023)
> 1 milliond'IST curables contractées chaque jour dans le monde
VIH : prévention, dépistage, traitement
- Après un diagnostic VIH — Après un diagnostic VIH, les priorités sont simples : confirmer le résultat, commencer vite le traitement, se faire accompagner, et prévenir ses partenaires récents pour qu'ils se fassent dépister.
- Charge Indétectable et U=U — « Indétectable = Intransmissible » signifie qu'une personne séropositive dont la charge virale est indétectable depuis plus de 6 mois grâce à son traitement ne transmet pas le VIH lors des rapports sexuels.
- Charge Virale (VL) — La charge virale est la quantité de VIH mesurée dans le sang (en copies par millilitre) ; sous traitement efficace, elle devient indétectable, ce qui protège la santé de la personne et empêche la transmission sexuelle.
- Chiffres VIH et IST — En 2024, environ 5 100 personnes ont découvert leur séropositivité VIH en France, dont 42 % par rapports sexuels entre hommes, et les IST bactériennes sont en forte hausse ; dans le monde, 41 millions de personnes vivaient avec le VIH fin 2025.
- PEP (TPE) — Le TPE (traitement post-exposition, PEP en anglais) est un traitement anti-VIH d'urgence à commencer au mieux dans les 4 heures et au plus tard 48 heures après une prise de risque, puis à suivre pendant un mois.
- PrEP — La PrEP (prophylaxie pré-exposition) est un traitement préventif pris par une personne séronégative pour ne pas contracter le VIH ; en France, elle est prescrite par tout médecin et remboursée à 100 %.
- PrEP injectable — La PrEP injectable remplace les comprimés par une piqûre : le cabotégravir (Apretude), une injection tous les deux mois, est disponible et remboursé en France depuis mars 2026 ; le lénacapavir, deux injections par an, est recommandé par l'OMS.
- VIH : transmission et symptômes — Le VIH est un virus qui affaiblit le système immunitaire ; il se transmet par le sang, le sperme, le liquide pré-séminal, les sécrétions vaginales et anales, et se soigne aujourd'hui très bien quand il est dépisté tôt.
- Vivre avec le VIH — Vivre avec le VIH aujourd'hui, c'est prendre un traitement antirétroviral au long cours, faire un suivi régulier et, une fois la charge virale indétectable, avoir une vie (et une sexualité) normale sans transmettre le virus.
IST : symptômes, dépistage, traitements
- Chlamydia et LGV — La chlamydia est l'IST bactérienne la plus fréquente, souvent sans symptôme ; chez les hommes ayant des rapports avec des hommes, certaines souches provoquent la lymphogranulomatose vénérienne (LGV), une inflammation anale sévère. Les deux se soignent par antibiotiques.
- Gonorrhée (chaude-pisse) — La gonorrhée, ou chaude-pisse, est une IST bactérienne (gonocoque) qui touche l'urètre, l'anus ou la gorge ; souvent silencieuse hors de la verge, elle se soigne par une injection d'antibiotique, mais les résistances progressent.
- Hépatite A — L'hépatite A est une infection virale du foie transmise par voie oro-fécale, notamment lors de l'anulingus ; elle guérit en général seule mais peut être très fatigante, et un vaccin la prévient efficacement.
- Hépatite B — L'hépatite B est une infection virale du foie qui se transmet facilement par le sperme, le sang et les rapports sexuels ; elle peut devenir chronique, mais un vaccin protège presque à 100 %.
- Hépatite C — L'hépatite C est un virus transmis par le sang ; entre hommes, elle circule lors des pratiques avec saignement (fist, SM, sextoys partagés) et du partage de matériel de chemsex. Il n'existe pas de vaccin, mais les antiviraux la guérissent dans plus de 95 % des cas.
- Herpès génital — L'herpès génital est une infection virale (HSV-2 ou HSV-1) qui provoque des poussées de petites vésicules douloureuses ; il se transmet même sans bouton visible, ne se guérit pas, mais se contrôle avec des antiviraux.
- HPV (papillomavirus) — Le HPV (papillomavirus humain) est un virus très courant transmis par contact sexuel ; il peut provoquer des condylomes (verrues génitales ou anales) et, à long terme, des cancers de l'anus et de la gorge. Le vaccin est recommandé aux hommes ayant des rapports avec des hommes jusqu'à 26 ans.
- IST (infections sexuellement transmissibles) — Les IST sont des infections transmises lors des rapports sexuels (bactéries, virus, parasites) ; la plupart passent inaperçues, se dépistent facilement et se soignent, et certaines se préviennent par un vaccin.
- Morpions et gale — Les morpions (poux du pubis) et la gale sont des parasites de la peau transmis par contact corporel rapproché, dont les rapports sexuels, et par le linge ; ils provoquent de fortes démangeaisons et se traitent en traitant aussi les partenaires et le linge.
- Mpox (variole du singe) — Le mpox est une infection virale qui provoque des lésions de la peau et des muqueuses, transmise surtout par contact peau à peau étroit, notamment sexuel ; un vaccin est recommandé aux hommes ayant des rapports avec des hommes qui ont plusieurs partenaires.
- Mycoplasma genitalium — Mycoplasma genitalium est une bactérie sexuellement transmissible qui peut provoquer une urétrite ou une rectite ; souvent silencieuse, elle n'est recherchée et traitée qu'en cas de symptômes, à cause de sa forte résistance aux antibiotiques.
- Shigellose — La shigellose est une infection intestinale due à la bactérie Shigella, transmise par des traces invisibles de matières fécales, notamment lors de l'anulingus ; elle circule chez les hommes ayant des rapports avec des hommes, avec des souches de plus en plus résistantes aux antibiotiques.
- Symptômes d'IST — Écoulement, brûlure, plaie, boutons, démangeaisons, douleurs anales, fièvre ou éruption après un rapport sont des signes possibles d'IST qui justifient une consultation rapide ; mais la plupart des IST ne donnent aucun symptôme.
- Syphilis — La syphilis est une IST bactérienne qui commence souvent par une plaie indolore (chancre), puis peut évoluer en silence pendant des années ; elle se dépiste par une prise de sang et se guérit par une injection de pénicilline.
Se protéger et se faire dépister
- CeGIDD — Les CeGIDD (centres gratuits d'information, de dépistage et de diagnostic) sont des centres publics où l'on peut se faire dépister, soigner, vacciner et obtenir la PrEP ou le TPE gratuitement, anonymement si on le souhaite.
- Dépistage VIH et IST — Se faire dépister, c'est vérifier par une prise de sang, un prélèvement ou un test rapide si l'on a le VIH ou une autre IST ; pour les hommes qui ont plusieurs partenaires, le rythme conseillé est tous les 3 mois.
- DoxyPEP — La doxyPEP consiste à prendre 200 mg de doxycycline dans les 72 heures après un rapport sans préservatif pour réduire le risque de syphilis et de chlamydia ; en France, la HAS la réserve, au cas par cas, aux HSH et aux femmes trans très exposés aux IST.
- Fenêtre sérologique — La fenêtre sérologique est le délai entre une contamination et le moment où un test peut la détecter : 6 semaines pour un test VIH en laboratoire, 3 mois pour un autotest ou un TROD.
- Préservatif et lubrifiant — Le préservatif (externe ou interne) protège du VIH et limite l'exposition aux autres IST ; bien posé et utilisé avec un lubrifiant à base d'eau ou de silicone, il craque rarement.
- Vaccins HSH — Quatre vaccins sont recommandés aux hommes ayant des rapports avec des hommes pour se protéger d'infections sexuellement transmissibles : hépatite A, hépatite B, HPV (jusqu'à 26 ans) et mpox.
Pratiques et risques spécifiques
- Anulingus : risques IST — L'anulingus (rimming, feuille de rose) transmet très peu le VIH, mais expose à l'hépatite A, à la shigellose, au gonocoque, à la chlamydia, à la syphilis, à l'herpès et au HPV ; le vaccin contre l'hépatite A et le dépistage de la gorge sont les meilleures protections.
- BDSM : sécurité et santé — Le BDSM et le sexe hard se pratiquent plus sûrement avec cinq règles : consentement négocié, safeword, écoute du corps, sobriété et cadre sûr ; certaines pratiques (strangulation, sondes, piétinement) demandent des précautions spécifiques.
- Blood play : risques santé — Dès qu'une pratique SM fait couler le sang (coupures, aiguilles, fouet qui entaille, piercing de jeu), le risque de transmission du VIH et surtout des hépatites B et C devient réel ; il se réduit avec du matériel stérile à usage unique, des gants et une bonne hygiène.
- Fellation : risques IST — La fellation transmet peu le VIH, mais c'est l'une des principales voies de transmission de la gonorrhée, de la chlamydia, de la syphilis, de l'herpès et du HPV, souvent sans aucun symptôme dans la gorge.
- Fist : risques et sécurité — Le fist-fucking expose surtout à l'hépatite C (via le sang et le lubrifiant partagé), aux lésions de l'anus et du rectum et à certaines IST ; gants individuels, lubrifiant personnel, ongles courts, lenteur et sobriété réduisent fortement ces risques.
- Lavement anal — Le lavement (douche anale) consiste à rincer le rectum à l'eau avant un rapport ; bien fait (eau tiède, faible pression, deux heures avant, sans excès), il est sans danger, mais trop fréquent ou trop agressif il irrite la muqueuse et facilite les infections.
- Plans à plusieurs : santé — Les plans à plusieurs multiplient les contacts et donc les occasions de transmission d'IST ; PrEP, vaccins, préservatifs à portée de main, lubrifiant et gants individuels, consentement clair et dépistage après la soirée permettent d'en profiter en réduisant les risques.
- Scato : risques santé — Les jeux scato (coprophilie) exposent peu au VIH, mais fortement aux infections intestinales transmises par les matières fécales : hépatite A, shigellose, parasites, bactéries digestives.
- Sextoys : hygiène et partage — Un sextoy passé d'un corps à l'autre peut transmettre des IST et les hépatites B et C ; un préservatif neuf par partenaire, un nettoyage après chaque usage et des matériaux non poreux réduisent ce risque.
- Uro : risques santé — Les jeux uro (urophilie, douche dorée) présentent peu de risques sur une peau saine ; le VIH ne se transmet pas par l'urine, mais des IST et des infections peuvent passer si l'urine atteint la bouche, l'anus ou une plaie.
Chemsex et produits
- 3-MMC / cathinones — La 3-MMC et les autres cathinones de synthèse sont des stimulants très utilisés en chemsex ; elles exposent à une dépendance rapide, à la surdose, aux troubles cardiaques et à une descente dépressive, et sont dangereuses avec certains traitements anti-VIH.
- Aide chemsex — Si le chemsex devient difficile à gérer, des services spécialisés et gratuits existent : ligne WhatsApp et groupes de AIDES, Drogues Info Service, consultations chemsex (le 190 à Paris), CSAPA et CAARUD partout en France.
- Chemsex — Le chemsex désigne la consommation de produits psychoactifs (cathinones, GHB/GBL, méthamphétamine, kétamine…) dans le but d'avoir des relations sexuelles, souvent longues et à plusieurs ; il concerne 13 % des hommes ayant des rapports avec des hommes sexuellement actifs sur 6 mois (2023).
- Crystal meth (tina) — La méthamphétamine (crystal, tina, ice) est un stimulant puissant, deux à cinq fois plus intense que l'amphétamine, aux effets très longs ; elle expose à une dépendance rapide, à des troubles cardiaques et psychiatriques graves, et à des prises de risque sexuelles.
- G (GHB/GBL) — Le « G » désigne le GHB et le GBL, deux dépresseurs aux effets quasi identiques, très utilisés en chemsex ; l'écart entre la dose qui fait effet et celle qui endort ou plonge dans le coma est faible, et le mélange avec l'alcool est la première cause de coma.
- Kétamine — La kétamine est un anesthésique dissociatif détourné en contexte festif et sexuel ; elle expose aux pertes de contrôle, aux accidents, à des troubles cardiaques et, en usage régulier, à des atteintes graves et parfois irréversibles de la vessie.
- Mélanges dangereux — Certains mélanges de produits et de médicaments sont particulièrement dangereux en contexte sexuel : GHB/GBL avec alcool ou sédatifs (coma), poppers avec Viagra (chute de tension), cathinones ou GHB avec certains traitements anti-VIH (surdose).
- Poppers — Les poppers sont des nitrites volatils inhalés qui provoquent en quelques secondes un relâchement musculaire, une accélération du cœur et une bouffée de chaleur ; ils sont dangereux avalés, au contact de la peau et des yeux, avec l'alcool et avec les médicaments de l'érection.
- RdR — La réduction des risques (RdR) est une approche de santé publique qui part des pratiques réelles, sans jugement, pour en limiter les dommages : matériel stérile, dosage, PrEP, dépistage, soutien, plutôt que l'injonction à l'abstinence.
- Slam — Le slam désigne l'injection intraveineuse de produits (cathinones, méthamphétamine…) dans un contexte sexuel ; c'est la forme la plus risquée du chemsex, pour la dépendance, les surdoses, les veines et la transmission du VIH et de l'hépatite C.
Santé mentale, consentement, violences
- Après une agression sexuelle — Après une agression sexuelle, les priorités sont la mise en sécurité, les soins d'urgence (TPE contre le VIH dans les 48 heures, recherche de toxiques, dépistage), la conservation des preuves et un accompagnement ; porter plainte est possible mais n'est pas obligatoire pour être soigné.
- Consentement et soumission chimique — Le consentement est un accord libre, éclairé et réversible à chaque acte sexuel ; une personne endormie, inconsciente ou trop altérée par l'alcool ou des produits ne peut pas consentir, et droguer quelqu'un à son insu pour avoir un rapport est une soumission chimique, un crime.
- Santé mentale gay et bi — Les hommes gays et bisexuels ont en France plus de deux fois plus d'épisodes dépressifs et de pensées suicidaires que les hommes hétérosexuels ; une part importante de cet écart s'explique par les violences et discriminations subies, et de l'aide existe.
- Sérophobie — La sérophobie désigne le rejet, les préjugés et les discriminations visant les personnes vivant avec le VIH ; refuser un soin, un logement ou un emploi en raison de l'état de santé est une discrimination interdite en France.
- Stealthing — Le stealthing consiste à retirer ou abîmer volontairement le préservatif pendant un rapport sans l'accord du partenaire ; c'est une violation du consentement, qui expose au VIH et aux IST et impose de réagir vite (TPE dans les 48 heures, dépistage, possibilité de porter plainte).
Article d'information, rédigé à partir de sources officielles. Il ne remplace pas l'avis d'un médecin : en cas de doute, de symptôme ou de prise de risque, consulte un professionnel de santé ou un CeGIDD.