Agression sexuelle entre hommes : que faire dans les heures et les jours qui suivent
Définition : Après une agression sexuelle, les priorités sont la mise en sécurité, les soins d'urgence (TPE contre le VIH dans les 48 heures, recherche de toxiques, dépistage), la conservation des preuves et un accompagnement ; porter plainte est possible mais n'est pas obligatoire pour être soigné.
- Mots-clés
- agression sexuelle, viol, violences sexuelles, abus, #MeTooGay, victime
- Thèmes
- Santé Sexuelle & Prévention
- Mis à jour le

Ce n’est jamais de ta faute
Un plan qui dérape, un partenaire qui force, un rapport sous produit sans ton accord, un « non » ignoré : c’est une agression. Sexosafe le dit clairement : un comportement abusif n’est jamais acceptable, quel que soit le contexte (appli, sauna, chemsex, relation de couple). Beaucoup d’hommes tardent à en parler parce qu’ils se sentent « complices » ; le mouvement #MeTooGay a justement mis des mots là-dessus. Sexosafe cite une étude selon laquelle environ 13,6 % des hommes gays déclarent avoir subi une contrainte sexuelle au cours de leur vie. Tu n’es pas seul.
Dans l’immédiat
- Mets-toi en sécurité : chez toi, chez un ami, dans un lieu public.
- En danger : 17 ou 112 ; si tu ne peux pas parler, SMS au 114.
- Ne reste pas seul : appelle quelqu’un de confiance.
Ta santé : les 48 premières heures comptent
- TPE : si tu n’es pas sous PrEP et qu’il y a eu pénétration ou éjaculation sans préservatif, va aux urgences au plus vite, idéalement dans les 4 heures, au plus tard 48 heures (TPE).
- Soumission chimique : si tu soupçonnes d’avoir été drogué, demande tout de suite une recherche de toxiques (sang, urines) : certains produits disparaissent en quelques heures (soumission chimique).
- Blessures : examen médical, soins, certificat médical (utile même si tu ne portes pas plainte tout de suite).
- IST : dépistage dans les semaines qui suivent, vaccination contre l’hépatite B si tu n’es pas protégé.
Les CeGIDD peuvent aussi prendre en charge, gratuitement, et proposent des consultations psychologiques, notamment pour les violences liées à l’orientation.
Les preuves
Si tu envisages une plainte, même plus tard : évite de te laver et garde tes vêtements dans un sac en papier, conserve les messages, profils, captures d’écran, et note ce dont tu te souviens (heure, lieu, personnes). Ça n’engage à rien, et ça garde les options ouvertes.
Porter plainte
D’après service-public.fr et Sexosafe, tu peux :
- déposer plainte au commissariat ou à la gendarmerie ;
- utiliser la plateforme en ligne du ministère de l’Intérieur, avec échange instantané avec des policiers formés ;
- écrire au procureur de la République.
Tu peux être accompagné par une association d’aide aux victimes. Porter plainte est un droit, pas une obligation pour être soigné.
Se faire accompagner
- 116 006 : aide aux victimes, gratuit, 7 j/7 (voir les horaires), ou par mail victimes@116006.fr ;
- Sida Info Service : 0 800 840 800, pour les questions de TPE, de dépistage, de prévention ;
- SOS homophobie, les centres LGBT et les associations spécialisées dans les violences sexuelles ;
- un psychologue : les réactions après une agression (sidération, cauchemars, honte, anxiété, envie de s’isoler ou au contraire de multiplier les plans) sont fréquentes et se soignent (santé mentale).
Parler, à un proche, un soignant ou une association, aide à se reconstruire, au rythme que tu choisis.
Article d'information, rédigé à partir de sources officielles. Il ne remplace pas l'avis d'un médecin : en cas de doute, de symptôme ou de prise de risque, consulte un professionnel de santé ou un CeGIDD.
Sources
Chiffres et recommandations vérifiés auprès de :
- Santé publique France (Sexosafe) — Que faire quand on est victime d'abus sexuel ?
- Service-public.fr — Agression sexuelle commise sur une personne majeure
- Santé publique France (Sexosafe) — TPE : le réflexe d'urgence après une exposition au VIH
- Santé publique France (Sexosafe) — Santé sexuelle : bienvenue dans les CeGIDD