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Santé mentale des hommes gays et bi : dépression, violences et où trouver de l'aide

Définition : Les hommes gays et bisexuels ont en France plus de deux fois plus d'épisodes dépressifs et de pensées suicidaires que les hommes hétérosexuels ; une part importante de cet écart s'explique par les violences et discriminations subies, et de l'aide existe.

Mots-clés
santé mentale, dépression, suicide, homophobie, stress minoritaire, gay
Thèmes
Santé Sexuelle & Prévention
Mis à jour le

Lire en anglais → Gay and bi mental health

Santé mentale des hommes gays et bi – rubrique Santé PLANJUS

Ce que disent les chiffres

Le Baromètre de Santé publique France 2017, analysé dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire en 2021, compare la santé mentale selon l’orientation sexuelle. Chez les hommes, par rapport aux hétérosexuels, les hommes gays et bisexuels déclarent :

  • un épisode dépressif caractérisé dans l’année : 15,5 % contre 6,0 % ;
  • des symptômes dépressifs actuels : 8,3 % contre 3,6 % ;
  • des pensées suicidaires dans l’année : 9,5 % contre 3,7 % ;
  • une tentative de suicide dans l’année : 0,9 % contre 0,3 %.

Santé mentale : un écart qui s'explique

Ce n’est pas l’orientation, c’est le rejet

La même étude montre que les violences subies (verbales ou physiques) expliquent environ un tiers (33 %) de l’excès de dépression chez les hommes gays et bi. Dans l’enquête ERAS 2019 de Santé publique France, 28 % des hommes ayant des rapports avec des hommes rapportaient avoir été victimes d’insultes homophobes. Les chercheurs parlent de stress minoritaire : vivre caché, anticiper le rejet, encaisser les remarques, ça use.

D’autres facteurs pèsent : rejet familial, solitude, pression sur le corps et la performance dans les applis, annonce d’une séropositivité, sérophobie, et chemsex, que Santé publique France associe à des signes de détresse psychosociale.

Les signaux à ne pas ignorer

  • tristesse, vide ou irritabilité qui durent plus de deux semaines ;
  • perte d’intérêt pour ce qui te plaisait, y compris le sexe ;
  • troubles du sommeil, fatigue, isolement ;
  • consommation d’alcool ou de produits pour « tenir » ;
  • descentes de chemsex de plus en plus noires ;
  • idées de mort ou de suicide.

Où trouver de l’aide ?

  • Urgence ou idées suicidaires : 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24 h/24. En danger immédiat : 15 ou 112.
  • Ton médecin traitant : il peut prescrire des séances de psychologue remboursées (dispositif « Mon soutien psy »).
  • Les CeGIDD proposent des consultations avec psychologues et sexologues, y compris pour les violences liées à l’orientation.
  • Les associations LGBT+ (centres LGBT locaux, SOS homophobie pour les agressions et discriminations) et AIDES pour les personnes séropositives ou concernées par le chemsex (aide chemsex).
  • Un psy « LGBT-friendly » : n’hésite pas à demander, c’est légitime de vouloir quelqu’un qui ne te fera pas expliquer ton orientation.

Prendre soin de soi, concrètement

Garder des liens (amis, communauté, pas seulement des plans), dormir, bouger, limiter l’alcool et les produits, s’accorder des pauses d’applis. Et se rappeler que demander de l’aide n’est pas un échec : c’est exactement ce que font ceux qui s’en sortent.

Article d'information, rédigé à partir de sources officielles. Il ne remplace pas l'avis d'un médecin : en cas de doute, de symptôme ou de prise de risque, consulte un professionnel de santé ou un CeGIDD.

Sources

Chiffres et recommandations vérifiés auprès de :

  1. Santé publique France (BEH) — Santé mentale des adultes selon l'orientation sexuelle et le genre (Baromètre de Santé publique France 2017) (2021)
  2. Santé publique France (BEH) — Violences homophobes subies par les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (2021)
  3. Santé publique France — La pratique du chemsex dans les enquêtes ERAS : évolutions entre 2017 et 2023 (25 septembre 2024)