Chemsex : définition, produits, risques et réduction des risques
Définition : Le chemsex désigne la consommation de produits psychoactifs (cathinones, GHB/GBL, méthamphétamine, kétamine…) dans le but d'avoir des relations sexuelles, souvent longues et à plusieurs ; il concerne 13 % des hommes ayant des rapports avec des hommes sexuellement actifs sur 6 mois (2023).
- Mots-clés
- chems, PnP, party and play, plan chems, slam
- Thèmes
- Santé Sexuelle & Prévention
- Mis à jour le

Qu’est-ce que le chemsex ?
AIDES définit le chemsex comme l’usage de produits psychoactifs illicites à des fins sexuelles, pour vivre un certain type de rencontre : plus longue, plus intense, plus désinhibée, souvent à plusieurs. On parle aussi de PnP (party and play) ou de « plan chems ». Quand les produits sont injectés, c’est le slam.
Combien d’hommes sont concernés ?
Les enquêtes ERAS de Santé publique France (Annie Velter, Perrine Roux, 2024) montrent une pratique stable :
- 5 % au dernier rapport en 2017, 6 % en 2023 ;
- 12 % dans les 6 derniers mois en 2021, 13 % en 2023.
Les hommes qui pratiquent le chemsex sont plus souvent âgés de 25 à 45 ans, urbains, avec davantage de partenaires ; la pratique est associée à des risques accrus pour le VIH et les IST et à des signes de détresse psychosociale.
Quels produits ?
Sexosafe et Sida Info Plus citent principalement :
- les cathinones (3-MMC, 4-MEC…) : stimulants, les plus fréquents en France (3-MMC) ;
- le GHB/GBL (« G ») : dépresseur, très dangereux en surdose (GHB) ;
- la méthamphétamine (crystal, tina) (crystal) ;
- la kétamine, la cocaïne, la MDMA (kétamine) ;
- souvent associés aux poppers et aux médicaments de l’érection.
Quels sont les risques ?
D’après Sexosafe :
- liés aux produits : dépendance, surdose, malaises, mélanges dangereux (mélanges), problèmes judiciaires ;
- pour la santé sexuelle : transmission du VIH, des hépatites (surtout C) et des IST, blessures (fist, sessions longues) ;
- pour le consentement : sous produit, on n’est pas toujours en état de dire oui ou non (consentement) ;
- à long terme : dépression, perte d’estime de soi, isolement, difficultés au travail et d’argent (come-down).
Réduire les risques
Sexosafe recommande notamment :
- PrEP si tu es séronégatif, traitement bien pris (TasP) si tu es séropositif ;
- préservatifs, gants, lubrifiant et désinfectant à disposition ;
- matériel stérile personnel (seringues, pailles), jamais partagé ;
- désinfecter les jouets après usage ;
- éviter les mélanges, en particulier alcool et GHB ;
- eau et boissons sucrées à portée de main ;
- dépistage régulier VIH, IST, hépatite C.
En cas de malaise : isoler la personne au calme, la rassurer, lui donner du sucre ; si elle est inconsciente, position latérale de sécurité et 15 immédiatement. Plus de conseils : réduction des risques.
Où trouver de l’aide ?
AIDES (WhatsApp 07 62 93 22 29), Drogues Info Service (0 800 23 13 13), le 190 à Paris, les CSAPA et CAARUD : voir aide chemsex.
Article d'information, rédigé à partir de sources officielles. Il ne remplace pas l'avis d'un médecin : en cas de doute, de symptôme ou de prise de risque, consulte un professionnel de santé ou un CeGIDD.
Sources
Chiffres et recommandations vérifiés auprès de :
- Santé publique France — La pratique du chemsex dans les enquêtes ERAS : évolutions entre 2017 et 2023 (25 septembre 2024)
- AIDES — Les ressources Chemsex
- Santé publique France (Sexosafe) — Chemsex et slam : comment se protéger ?
- Sida Info Plus (Sida Info Service) — Chemsex : mieux comprendre les produits consommés pour réduire les risques